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Test : Colorfly CK4, baladeur audiophile performant et ergonomique

14 avril 2012 / par
APERÇU DU TEST
6 Qualité de fabrication
8 Performance sonore
8 Rapport Qualité / Prix
7

Bon

Un lecteur audio de référence au tarif très agressif. Toutefois l'écran peut parfois présenter des faiblesses après un certain temps.

Après notre test du baladeur Colorfly C4, le vaisseau amiral de la marque, nous avons mis la main sur le puis-né : le Colorfly CK4.

Ce modèle sorti depuis déjà plusieurs années avait été réservé au marché asiatique dans un premier temps, avec quelques modèles que l’on pouvait retrouver ça et là, illégalement, sur le marché gris (brokers honk-kongais sur ebay notamment). Il semblerait que quelques acteurs européens tentent de démocratiser l’accès à ce baladeur (plutôt PMP d’ailleurs) qui dispose de sérieux atouts dans son sac. Merci à David chez Audiophonics pour le prêt du matériel, également disponible à la vente chez lui tout à fait légalement.

Le Colorfly CK4 vient se positionner sur le segment des baladeurs audiophiles de milieu de gamme, en concurrence directe avec des produits tels que le Hisound Audio Studio-V, ou bien encore le Hifiman HM601.

Ce baladeur diffère de son grand frère sur plusieurs aspects.

Examinons rapidement ses caractéristiques :

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  • Un prix ciblant clairement le milieu de gamme, à contrario d’un C4 visant lui le haut de gamme
  • Une portabilité accrue par des dimensions beaucoup plus raisonnables (70x110x10 mm pour un poids de 150 g)
  • La possibilité de lire des vidéos grâce à un écran TFT de 4’3
  • Format Vidéo supportés : RM, RMVB, MP4, AVI,MPE, FLV, MPG,DAT, WMV, ASF, 3GP, MOV, VID, VOB, MKV
  • Format d’image supportés : BMP, GIF , JPG
  • Deux sorties Jack 3.5 (haute et basse impédance), tandis que le grand frère proposait une 3.5 et une 6.35
  • Format Audio supportés : WAV, MP3, APE, FLAC, MP2, WMA, OGG, WAV ,AAC
  • Une autonomie oscillant entre 8 et 12h selon les conditions d’utilisation et l’état de la batterue (encodage fichiers, equalizer on/off, preset d’écran etc…)
  • Port d’extension : Mini SD
  • Un décodage assurée par la prestigieuse Cirrus Logic CS4398 DAC chip (DAC) qui prend en charge le 24bits 192 khz
  • Et quelques gadgets, type equalizer à preset (5)

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Ergonomie et considérations générales

Pour la première fois, j’ai enfin l’impression qu’un baladeur se revendiquant « audiophile » a fait l’objet d’un effort particulier sur sa conception et sur son ergonomie

Design

Dire que le CK4 est agréable à regarder n’est pas exagéré. Les matériaux utilisés ne font pas trop cheap, et aucun défaut d’assemblage ni de jointures approximatives ne sont à déplorer. S’il faut trouver quelque chose à redire, on pourrait signaler que les boutons de volumes et de défilement avant et arrière auraient pu être un peu plus travaillés. Difficile de trouver autre chose, pour le prix. On est clairement devant la qualité de finition d’un Hifiman HM601 par exemple.

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Côté grand méchant look, c’est agréable de pouvoir sortir le CK4 dans le métro sans que des regards accusateurs ne vous foudroient sur place. Il se fond dans la mouvance du design actuel, et rappelle certains petits lecteurs vidéos dédiés Archos, ou encore quelque modèle PMP de chez Cowon. Pas de faute de gout donc, et même un dos d’appareil assez « ballzy » qui revendique crânement le logo de la maison. C’est assez supérieur à mon sens à ce qu’offre un Studio-V ou un Rocoo P/S.

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Ergonomie

Le CK4 tient bien en main, parait bien rempli. Ses boutons sont placés sur le dessus, et sur la tranche gauche. Tous les ports étant situés sur la tranche droite (2 sorties jack 3,5 pour forte et basse impédance). Seule exception : le port µSD, qui est lui sur la tranche gauche avec les boutons de réglage du volume. Etant donné la taille et le positionnement des boutons, il faudra toutefois envisager une navigation à deux mains, ce qui pourra gêner certains. Attention, le CK4 reste quand même parfaitement nomade, puisqu’il affiche 7mm de plus en longueur qu’un ipod classic, et 1cm de plus en largeur, pour la même épaisseur.

Coté poids, avec ses 150 grammes, le colorfly CK4 pèse 10 grammes de plus que le Studio-V ou qu’un ipod classic 160 Go, mais bien 50 grammes de moins que le Hifiman HM601.

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Coté interface utilisateur/software, c’est enfin au niveau du minimum qu’on est en droit d’attendre pour un baladeur digne de ce nom aujourd’hui. Bien que dans ce cas précis, il y a fort à parier que ce soit les fonctions vidéos du CK4 qui ait forcé Colorfly à nous pondre une interface correcte. Quoi qu’il en soit, c’est agréable à l’utilisation, tout à fait naturel, et sans faute de goût majeure. Je n’ai également rencontré aucun bug jusque là, ni aucune difficulté pour faire reconnaître ma carte SD, contrairement à d’autres de ses rivaux chinois.

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Performances Audio

Passons aux choses sérieuses. Le colorfly CK4 n’a pas reçu un accueil triomphal lors de son apparition sur le marché. Plus tard, il a commencé à retenir un peu l’attention, notamment sur Head-fi avec une chronique qui lui rendait enfin justice (à mon sens en tous cas). Comme quoi… l’audio est finalement une affaire bien mystérieuse.

Je vais casser tout de suite le suspens : le Colorfly CK4 est un baladeur en tout point remarquable d’un point de vue audio. Probablement le meilleur compromis dans tout ce qui m’a été donné de tester jusque là dans les DAPs audiophiles à moins de 300€.

Matériel utilisé :

Earsonics EM6 et Earsonics EM2 Pro, lecteur chargé en FLAC (pas de soucis à la lecture des fichiers en 24/192).

Souffle

Le CK4 commence en force avec une absence totale de souffle. Sur ce point, Cowon S9 et J3, Hifiman HM601 et Studio-V, se retrouvent tous aux fraises. Le Colorfly CK4 est désormais un exemple pour tous d’un fond sonore complètement noir. Ce qui est particulièrement agréable dans un usage nocturne, avec un volume bas d’écoute sur de la musique calme, comme les suites de Bach pour violoncelle que j’écoute beaucoup en ce moment, ou encore les Sunbears Concerts de Keith Jarrett qui m’ont été un vrai délice encore hier soir.

Sans surprise, l’intérieur de la bête est très soigné, ce qui est un bon point malgré le fait que cela ne garantisse pas toujours la qualité d’un lecteur.

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Voilà qui permettra peut-être de lever un certain nombre de critiques faites par les audiophiles, habitués à des standards élevés en la matière, comme sur  la série des iPod d’Apple par exemple.

Niveau de détail

Le Colorfly fait également fort sur cet aspect, et se permet d’afficher un niveau détail supérieur à la section basse du Hifiman HM601, et au moins aussi bon que la prestation du Hisound Audio Studio V (ma référence dans cette gamme jusque là). Bref, c’est une très solide prestation offerte sur tout le long du spectre, avec une belle homogénéité.

En revanche, on sent encore clairement le gap avec des baladeurs haut de gap comme son grand frère le C4 ou le Hifiman HM801. Le grain n’est pas encore totalement naturel et ne parvient pas à se faire complètement oublier dans la restitution.

Quand on regarde le prix affiché, on est cependant obligé de reconnaître l’excellence du petit CK4.

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Dynamique et contraste

L’écoute est bien contrastée et les attaques sont incisives. La section basse est moins « surgonflée » et moins compressée que sur le Studio V, mais légèrement plus profonde. Le Hifiman HM601 fait aussi bien sur le bas de spectre mais se fait complètement éclipser dès les haut mediums. l’impression globale est d’un naturel supérieur. Comparé (pour le fun) à mon vieil iPod 3G ou même mon Samsung Galaxy Note, c’est sans commune mesure. Ils paraissent plats et inertes, sans aucun relief.

Pour les styles modernes comme la transe, l’electro, etc… le coté fun du Studio V dans le bas de spectre pourra peut-être séduire davantage. Cependant pour les amateurs de naturel et de rigueur, le Colorfly CK4 sort du lot en performant solidement, et sans donner l’impression de forcer, encore une fois.

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Scène : largeur et étagement

La restitution de l’espace sonore est souvent un point de difficulté pour les baladeurs nomades. En termes d’éloignement des objets sonores, le CK4 se situe au même plan que ses deux principaux rivaux, le HM601 et le Studio V.

Il propose cependant une écoute latérale qui monte davantage en hauteur et qui descend également plus bas. On est pas loin d’une sphère de son qui enveloppe l’auditeur, ce qui encore une fois, contribue à une sensation de réalisme dans l’écoute.

Quand il s’agit de placer les instruments, le CK4 est relativement aussi performant que ses concurrents. Il oscille entre franchement bon sur les bons enregistrements avec un spectre sonore peu saturé (petites formations instrumentales), et « un peu brouillon », comme ses comparses, quand le message se complexifie.

Justesse des timbres et naturel de la restitution

Vous l’aurez déjà probablement compris, voilà la grosse force du CK4 à mes yeux (et oreilles). Il propose une interprétation « juste » des timbres, et avec une approche bien contrastée mais globalement neutre.

Cela se perçoit sur les voix, qui ne sont ni trop mattes, ni trop sifflantes. Cela se distingue également sur les guitares qui proposent un grain crédible, tant sur votre flamenco favoris (Vicente Amigo et Tomatito, je vous aime), que sur vos poètes électriques adorés (Camel, Pink Floyd, Dire Straits, Steve Vai…). Par ailleurs, les meilleures aptitudes de spatialisation du CK4 l’aident à décongestionner l’écoute et ainsi à amener le son sur une hauteur plus importante. Cela concourt à une écoute plus naturelle.

En conséquence directe du niveau de détail des textures dans les basses fréquences, les contrebasses, grosse caisse, et bas de registre de piano sont bien plus vivants et n’ont pas à souffrir d’un « flouté » cache-misère que distillent malheureusement nombre d’autres baladeurs.

Signature

S’il fallait définir la signature en un mot, je choisirai « ÉQUILIBRE ». Par rapport à cette signature équilibrée, le Hifiman HM601 sonne franchement sombre et notablement écourté dans les aigus. Par rapport à cette même signature du CK4, le Studio V sonne lui « compressé » (notamment dans le bas de spectre) et légèrement chaud.

Le CK4 est à la fois plus profond dans les basses, et transparent (au sens ou il laisse transparaître l’enregistrement). Il propose au final une écoute marquée par un naturel, et une facilité de restitution apparente qui tranchent avec la prestation un peu surgonflée de ses concurrents. Aucune partie du spectre n’est mise en avant, et toutes les fréquences trouvent un équilibre relatif soigné.

Ceux qui ont écouté son grand frère ne seront d’ailleurs pas étonnés par cette capacité de restitution qui faisait déjà la très grande force du C4.

So what ?

Et bien, force est de constater qu’au regard des nombreuses forces du Colorfly CK4, le Hisound Audio Studio V perd son titre de maître étalon de la catégorie des DAPs audiophiles de milieu de gamme. Que ce soit sur la prestation sonore, ou sur l’ergonomie, il est en deçà. Il reste cependant largement devant pour son autonomie, mais le CK4 tient suffisamment longtemps pour ne pas que cela soit gênant dans une utilisation quotidienne, même intensive.

Un coup de maître de Colorfly donc. Espérons que la concurrence s’inspirera de ce modèle (ce qui semble se passer au regard des récents HM-901, ou iBasso DX100) et cessera de proposer aux audiophiles des produits à moitié finis à l’ergonomie franchement inacceptable.

Mise en qualité par Paul

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A propos de l'auteur

Dit le Fougueux (plus rarement le Brave), c’est le thermomètre du groupe, l’essayeur de tendance. L’enthousiasme au bout du fusil, seuls quelques malheureux casques ne trouvent grâce à son Ecole des Fans du matos audiophile . On lui doit également parmi les blagues les plus fleuries de l’histoire du New Wav.


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