EM4

Comparatif : Earsonics EM4 Pro vs EM2 Pro, Death Match

05 février 2012 / par
APERÇU DU TEST
7 Rapport Qualite / Prix EM4
8 Rapport Qualite/ Prix EM2
8

Décevant

L'em4 ne parvient pas à combiner des qualités techniques indéniables avec le plaisir d'écoute. Dommage.

Qui n’a jamais rêvé d’un combat à mort de matériel audio ? Qui n’a jamais ressenti le frisson intense à l’idée de chausser une nouvelle paire d’intras et de se demander si elle va bien WTF pawnz votre ancienne paire ? Sachez que vous n’êtes pas seuls. Oh oui … pas seuls.  Deux semaines après avoir reçus mes EM4 PRO, je vais les confronter sans vergogne à la paire qui m’a ravi durant pres de trois ans maintenant… les  EM2 PRO.

Pas de langue de bois dans ce test, je noterai froidement ce que mes oreilles me dicteront, loin de tout politiquement correct.  Place à la transparence, place au spectacle. Plus de demi-mesure, plus de réserve, voici pour vous un Death Match Earsonics

NB : ce test s’inscrit en complément  de l’excellent test de Sylvain réalisé sur les EM4 Pro

 

1. Présentation des guerriers (morituri te salutant)

Il est raconté par Cesar dans sa « Guerre des Gaulles » qu’il fut frappé par l’ingéniosité des forgerons Gaulois. Il cite notamment une petite enseigne près de Montepestelario (Montpellier aujourd’hui) tenue par le maître thaumaturge EarSonix. Il relate ainsi

« Cet artisan façonne d’habile manière des dispositifs capables de reproduire le plus puissant tonnerre de Jupiter, comme la plus subtile des mélopées de Phébus. Et tout ceci pas plus grand qu’une pièce de un sesterce« 

Aujourd’hui héritier de cette renommée ancestrale, Franck Lopez et la maison Earsonics perpétuent la tradition gauloise d’excellence audio. Ce comparatif sanguinaire mettra au coude à coude deux de ses modèles moulés : la référence de l’écoute monito, j’ai nommé les EM2 PRO ( 2 voies, 2 drivers) …

… et le New Kid in Town, le sEM4 PRO (3 voies, 4 drivers).

Prêt pour le comparo ? Branchez les sapins de noël USB, faîtes péter les pop-corns (bien que je trouve qu’il serait temps de moderniser l’expression, par exemple avec d’excellents produits tels que les kit kat balls) et go go gooooooooo !

2. Le protocole de test (I want it all, and I want it now)

Le lecteur audio utilisé est le Hisound Audio Studio-V, probablement le meilleur DAP nomade à l’heure actuelle. A noter tout de même que le Studio-V propose une section basse plutôt bien charnue à la base, cela peut avoir du mal à se marier aux écouteurs mettant en avant la partie basse du spectre.

Les fichiers audio utilisés sont au format .WAV
Les écoutes ont été réalisées sur une période de 2 semaines, à différents moments de la journée pour ne pas induire de distorsion dans les jugements.

Le Deathmatch se déroule en 4 Rounds (curieux pour un deathmatch hein ?) sur 4 style de musique différents, tels que suit :

Round 1 : METAL \ Vildhjarta – Måsstaden : « Dagger »

Une des grosses découvertes de cette année. Un métal dissonant et d’une virtuosité rythmique hallucinante. Un renouveau qui fait plaisir à entendre et qui viendra charmer les amateurs de Death metal barré. Du Djent à la Scandinave, acclamé  dans la presse, et à découvrir de toute urgence plus d’info ici.

Round 2 : JAZZ \ Melody Gardot – My one and only thrill : « Baby I’m a Fool »

Je ne ferai pas l’affront de présenter Melody, dont la voix indécemment sensuelle au tremolo rapide fera fondre le plus dur des Trucker de l’Oklahoma. Par ailleurs ses talents de pianiste, guitariste, compositrice,  ne font qu’ajouter à la complétion de ce jolie brin de femme.


Round 3 : CLASSIQUE \ Marin Marais – Pièces de Viole, second livre de 1701 (Jordi Savall)  : « Sarabande, II 100″

En 1991, Jordi Saval collabore avec le réalisateur français Alain Corneau pour le film « Tous les matins du monde ». S’en suit un engouement pour la musique baroque de la part du grand public et la redécouverte d’un instrument délicieux : la viole de gambe. Cet instrument qui fut remplacé petit à petit par le violoncelle, n’en garde pas moins une sonorité toute particulière, d’une richesse de timbre au moins aussi grande. Cette interprétation des pièces de viole (second livre) de Marins Marais est une référence, tant par la qualité hors norme de l’enregistrement, que par la maîtrise effroyable de Savall aussi bien technique que musicale.

Round 4 : FUNK – EXPERIMENTAL ROCK \ Primus – Green Naugahyde : « Moron TV »

12 ans après Antipop, Primus revient enfin avec cet opus. Oui, Les Claypool est encore dingue, oui il pratique encore la basse à un niveau démentiel, oui le groupe a toujours sa pâte incroyable, entre funk, circus et experimental Rock. Et enfin oui, pour ne rien gâcher, la qualité d’enregistrement est tout à fait satisfaisante. Un excellent album qui vous rappellera les débuts du groupe entre un « Frizzle fry » et un « Sailing the sea of cheese ».

 

3. L’arène (Tonight, we dine in Hell)

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Round 1 : METAL \ Vildhjarta – Måsstaden : « Dagger »

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EM4

EM2

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Pour un amateur d’écoute plutôt « neutre », l’impression qui me vient directement à l’esprit est « Quelle puissance et quelle énergie dans la section basse ! ». On est saisis très rapidement et malmenés par les percussions, tandis que les guitares downtunées et la basse finissent de nous écraser sur la partie basse du spectre.

L’approche de la partie basse est fondamentalement différente de ce qui m’était proposé par les EM2. Elle devient proéminente chez les EM4, là ou elle venait plutôt compléter un tableau principalement brossé dans les médiums et haut mediums sur les EM2.

Pour autant, le niveau de détail déployé est assez étonnant. De ce côté là les EM2 ne peuvent pas lutter. Que ce soit dans les extrêmes bas, ou les aigus, les EM4 apportent des informations supplémentaires.

Dans les aigus, les crash gagnent en lisibilité, ainsi que quelques harmoniques de guitares principalement. Toutefois je regrette une certaine « aridité » sur cette plage de fréquence, probablement du à l’enregistrement qui a du subir une compression avant pressage.

La scène sonore déployée est agréable, tant en largeur qu’en étagement des plans. Encore une fois l’enregistrement n’est pourtant pas exceptionnel, mais suffisamment bon pour que l’on sente un éloignement des objets sonores supérieurs avec ces EM4.

En conclusion de ce round, les EM4 livrent une prestation technique de haute voltige, mais qui sied mal à un genre déjà aggressif. Le message sonore se retrouve un peu mis à nu et disséqué, avec son lot de laideurs. Ce même lot que l’EM2 maquille en simplifiant le message.

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L’interprétation n’a rien à voir. On entend immédiatement un recentrage spectral sur les mediums par rapport à l’approche des EM4.

Les guitares saturées et les voix prennent immédiatement une emphase notable, n’étant plus concurrencées par la débauche d’énergie déployée dans la partie basse du spectre précédemment restituée par les EM4.

Cela gagne étonnamment en fluidité, grâce à un niveau de détail moindre. Là ou les enregistrements de metal sonnent souvent un peu sec sur les saturations de guitare extrêmes et le côté rauques des chants Death ou growlés, l’EM2 simplifie légèrement le message et assure ainsi une jolie musicalité à l’ensemble.

En termes de scène sonore, c’est plus intimiste qu’avec les EM4, mais la spatialisation prend bien toute la tête (pas d’effet de restitution latérale uniquement).

Les timbres sont jolis et plutôt du côté rond, là ou l’EM4 est plutôt à user du scalpel et à démarrer les attaques à la microseconde.

La partie rythmique conserve une belle rapidité (c’est toutefois un peu plus facile, compte tenu de la moindre quantité de basses restitués) et assure à l’ensemble une tension agréable.

L’écoute de l’EM2 est plus équilibrée au final que L’EM4. Ce second paie à mon sens un niveau de détail vraiment élevé sur un genre qui s’en accommode mal. Par ailleurs mes propres goûts en terme de balance tonale me font préférer l’interprétation des EM2, centrée sur les médiums, d’une courte tête au final. Enfin, le moindre niveau de basse rend l’ensemble plus rapide et plus tendu.

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Round 2 : JAZZ \ Melody Gardot – My one and only thrill : « Baby I’m a Fool »

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EM4

EM2

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Le niveau de détail restitué frappe encore une fois. Très belle finesse des détails sur la voix de Melody, on entend bien clairement les petits jeux d’impacts de la langue contre les dents, ou la détente depuis le palais.

L’EM4 passe au microscope les plus fins détails du morceau comme les cymbales qui gagnent en texture, ou bien encore la contrebasse qui se fait bien plus audible par rapport à l’écoute avec les EM2.

Là ou l’EM2 se concentre sur les mediums et haut medium, l’EM4 offre une écoute plus large d’un extrême à l’autre du spectre.

Les basses donc, essentiellement représentées par la contrebasse dans ce morceau, acquièrent une dimension toute autre. L’impact sourd et rond des cordes attaquées par la pulpe des doigts est recréé de manière convaincante et les bas médiums, qui sont source de résonance naturelle sur cet instrument, sont également bien gérés.

La scène sonore gagne aussi sympathiquement en ouverture et en largeur, et ce dès l’introduction avec ces nappes de violons. On prend une distance d’écoute plus confortable, même si cela reste « à la Earsonics », donc plutôt intimiste.

Techniquement, l’interprétation de l’EM4 est superbe. Les textures sont fines, les timbres justes, le niveau de détail merveilleux… mais… mais oui, il y’a un « mais »… En ce qui me concerne, j’ai du mal à être autant « transporté » qu’avec les EM2.

Ma sensibilité naturelle sur les timbres mediums me laisse un peu sur ma faim. Au final, il me manque ce petit brin de magie qui aurait définitivement donné la victoire aux l’EM4.

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Dès l’introduction, le soyeux et la vibrance des mediums des EM2 prend à la gorge. C’est rond et terriblement musical, et rappelle le sweet spot de votre Fender Stratocaster sur votre combo tout lampe 35w. Indéniablement je suis sous le charme.

Que ce soit les attaques feutrées de la guitare et son timbre suave, ou Mélody et sa voix d’une chaleur suffocante… Cela chante et ça coule avec une fluidité et une facilité déconcertantes.

Il est vraiment dur de s’extraire de la magie pour aller rechercher une analyse plus technique. A chaque fois je me fais pièger lors de l’écoute et je dois me remettre le morceau en me préparant à analyser « techniquement ».  On pourra tout de même noter les éléments suivants :

La scène est bien recréée en spatialisation, mais elle est très proche de l’auditeur. Parfois même limite « In the Face ». A volume important, cela finit par gêner (davantage qu’avec les EM4).

L’écoute est fluide mais elle est légèrement simplificatrice. Les détails de la contrebasse sont moins perceptibles qu’avec les EM4, les fondations du morceau perdent un peu en profondeur, et quelques harmoniques sont moins en évidence dans les aigus qu’avec les EM4.

En conclusion, terriblement à l’aise sur du jazz vocal féminin, l’EM2 démontre une maestria hors norme, davantage par la musicalité de ces mediums que par la technicité de son approche.

Il est très compliqué de déclarer un vainqueur sur ce match, tant l’interprétation des deux modèles est différente.

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Round 3 : CLASSIQUE \ Marin Marais – Pièces de Viole, second livre de 1701 (Jordi Savall)  : « Sarabande, II 100″

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EM4

EM2

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L’enregistrement d’exception de ce morceau transparaît dès les premières secondes avec les EM4.

Que ce soit la présence hors norme des timbres, qui va capter jusqu’à la résonance de la table de la viole, et les respirations impétueuses de Savall, jusqu’au délicat rendu métallisant du clavecin après le choc du marteau sur la corde.

Tout est plus vrai que nature, aucun concert ne pourra vous restituer ce niveau de précision du son, tant la prise de son à été réalisée avec expertise et minutie. Je tiens vraiment à souligner le travail extraordinaire réalisé par l’ingénieur du son, et qui nous permet de déguster un tel nectar.

Outre les timbres extraordinaires, l’EM4 recréé l’intimisme du studio d’enregistrement avec une facilité déconcertante. L’étagement des plans est notable, la sphère sonore entoure parfaitement la tête, on est en immersion complète dans le monde baroque de Marin Marais.

La richesse harmonique des différents instruments est bien perceptible dans les aigus et donne une extension considérable à l’ensemble.

Les basses et bas medium sonnent justes et viennent apporter la richesse de corps nécessaire aux instruments pour ne pas sonner trop « sec » et trop aride.

Enfin, le niveau de détail est encore une fois excellent, et magnifie cette fois-ci la qualité de la prise de son originelle.

Musicalement et techniquement, L’EM4 livre ici un véritable hommage à la beauté du morceau, et à la tension de l’interprétation délivrée par Savall, véritable maître de la viole. Il remporte le duel cette fois-ci contre les EM2

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Difficile de passer derrière l’interprétation des EM4 sur cet enregistrement, c’est le moins qu’on puisse dire.

Pourtant les EM2 offrent également une prestation de belle facture avec d’autres qualités. Assez naturellement, on ressent à nouveau une mise en avant des mediums par un effet « mécanique » de diminution des fréquences basses par rapport au rendu des EM4. Les timbres déployés sont très mélodieux et suaves, mais ne rendent pas la même finesse de texture que les EM4.

On perd ainsi le côté un sec et métallique de certaines sonorités du clavecin, et les attaques de la Viole sont un peu trop arrondies. Musicalement cela reste très réussi et agréable à l’oreille. Pourtant un auditeur exigeant remarquera in fine la simplification du message. Cela est particulièrement net après l’écoute avec les EM4.

La section basse perd assez nettement en consistance, et à du mal à réchauffer les mediums. Ces derniers auraient pu bénéficier de l’extension dans les bas mediums proposée par les EM4.

Enfin, la scène sonore est plus approximative et plus intimiste, conséquence probable de la moindre finesse des aigus et des harmoniques qui s’y logent, très précieuses pour les informations de localisation spatiale.

Au final, cela reste d’un très bon niveau, mais les EM4 font tout simplement mieux.

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Round 4 : FUNK – EXPERIMENTAL ROCK \ Primus – Green Naugahyde : « Moron TV »

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EM4

EM2

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Dieu que ça Swing… Les Claypool assure une ligne de basse d’anthologie sur ce morceau, en matière de virtuosité et en  Groove’n'Funk. Démentiel.

Et les EM4 de s’en donner à cœur joie en interprétant une basse viscérale.

D’une part parce qu’elle est distillée avec une tension formidable et une présence hors norme. On sent ainsi pleinement le tirant colossal qu’aime à utiliser ce bassiste d’exception (la légende lui attribuant jusqu’à 135 pour la corde de Mi, alors qu’il slape abondamment…). Bref, ça claque très très fort.

D’autre part parce qu’elle s’étend avec confort sans traîner en profondeur, ni baver dans les bas mediums trop abondamment. La texture est également superbe et d’un détail rare.

Les cocotes du guitariste et les dreamscapes fantomatiques, apportent l’animation dans les mediums, avec une belle maîtrise et un niveau de détail impressionnant.

Les voix nasillardes, ici doublées la plupart du temps, jouent sur des effets stéréo apparaissant à divers endroits… à la manière d’un diablotin sortant de sa boîte.  Le rendu est parfaitement en ligne avec les ambiances de « cirque malsain » qu’affectionnent tant Primus.

Enfin le rendu de la scène sonore, tant en largeur qu’en séparation des différents instruments, est encore une fois bien maîtrisé par les EM4.

Avec un festival dans les basses, et une autorité sans faille, l’EM4 livre ici une interprétation éblouissante, qui colle parfaitement au genre musical. C’est du grand art.

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L’EM2 tente de limiter les dégâts après la prestation d’exception de son grand frère à 3 voies. Cela lui est pourtant difficile.

Le focus se place immédiatement sur les médiums encore une fois, ne gardant des basses que la tension extrême qui les caractérisent dans ce morceau. En revanche, la profondeur en prend un sérieux coup, on est clairement moins immergé.

En revanche les voix sont bien agréables à écouter, et les guitares sont un peu adoucies (moins sèches qu’avec l’EM4). La musicalité des mediums parvient à faire un peu oublier le sérieux manque d’impact dans la partie basse.

Une écoute comparative attentive révélera encore une fois une simplification du message, avec des micros détails qui disparaissent, et des textures simplifiées. Cela demeure toutefois toujours très agréable à l’oreille.

La scène est moins large, de manière assez marquée d’ailleurs, et on prend encore un peu la musique « In the face ». C’est un peu moins agréable qu’avec les EM4 à mon gout. Enfin les étagements des plans sont un peu rapprochés, et on perd la belle profondeur de champs que permettait les EM4.

Quant à la rapidité global du message, elle reste d’excellente facture, mais se révèle certainement plus facile à obtenir compte tenu de la moindre générosité sur le bas de spectre.

Au final, pour ce morceau technique pour les basses, l’EM2 s’en sort plus que correctement, mais n’embarque pas autant l’auditeur que son grand frère à quatre drivers.

Il paie ici son équilibre tonal rigoureux qui lui empêche de faire pulser la section basse comme il aurait fallu.

***

4. L’analyse du match (l’important c’est les trois points)

Que déduire de ce test au final ? Plusieurs choses, assurément.

4.1. L’EM4 est un intra moulé extrêmement exigeant

Si la source ne suit pas, il ne vous livrera pas grand chose. Le Studio-V m’a semblé à la limite de ses possibilités pour animer correctement le 4 drivers de Earsonics. Sa résolution est parfois limite, et on sent un léger manque de patate dans les mediums. Dès qu’on monte un peu le son, l’EM4 finit par s’animer et révèle un peu mieux son caractère.

Il faudra du coup soigner la sélection de vos enregistrements. L’EM4 n’est pas forgiving. Il révélera sans pitié la laideur cachée des mauvaises prises de son, et les textures chimiques des saturations hasardeuses de nombre de groupes de métal débutant ou à faible budget. En revanche, il se délectera de vos enregistrement soignés acquis dans les coins les plus sombres des disquaires les plus sélectifs de votre ville.

 4.2. L’EM4 est plutôt un technicien, l’EM2 un poète

Là où l’EM2 assure sur tout terrain une prestation de belle facture, mettant à l’honneur les qualités musicales d’exception de ces médiums, l’EM4 rechigne clairement à laisser exploser son cœur et ses émotions. Doté d’un meilleur caractère l’EM2 se satisfera de beaucoup de genres et de beaucoup de conditions d’enregistrement assez hétéroclites et vous fournira en retour une interprétation juste et musicale. Cela ne sera certes jamais un dance floor de boite de nuit ou un hangar d’un festival métal de l’enfer, mais cela sera suffisant pour vous voir afficher un radieux sourire sur la plupart de votre discothèque, et ce même si vous avez un baladeur plutôt quelconque en qualité audio.

En revanche, correctement sourcée en amont, l’EM4 disséquera avec acharnement vos enregistrements les plus réussis, et mettra à point d’honneur à vous restituer un niveau de performance difficilement imaginable en nomade. Difficile de ne pas louer l’étendue de son registre, depuis ses basses abyssales jusqu’à la pointe de ses aigus. Difficile de ne pas s’émerveiller devant la finesse des détails et la belle fluidité de l’écoute.

4.3. Vers l’infini et au delà…

Mes goûts musicaux et mes préférences personnelles de balance tonale me pousse vers l’EM2. J’écoute trop de métal et trop d’enregistrements « quelconques » dont les imperfections sont révélées par l’EM4, et qui au final frustrent un peu mon plaisir d’écoute. Je retrouve un peu le même reproche que je faisais au Beyerdynamic T1 (en casque full size). C’est un casque qui peut-être formidable compte tenu de sa technicité, mais qui souvent sera un peu décevant dans des conditions « normales ».

Par ailleurs, la signature de l’EM4 qui fait indéniablement la part belle aux basses (même si celles-ci sont d’excellentes factures), me plaît moins (J’aime plutôt les écoutes « neutres »).

J’ai ouï dire que l’ajout d’amplificateur nomade derrière le Studio-V contribuait à changer légèrement la donne, et à animer un peu la musicalité de l’EM4, notamment sur les médiums. Pour autant, je ne souhaite pas acquérir ce type de dispositif en écoute nomade.

Entre technique exigeante, et plaisir tout terrain, très difficile de faire un choix. Étant donné mes conditions de tests, mon lecteur audio, et mes préférences en termes de signature sonore et d’habitudes d’écoute, j’aurai tendance à choisir aujourd’hui les EM2 si je ne devais garder qu’une paire.

Le jour ou comme Olivier, ma FLAC-o-thèque ne sera constituée que d’enregistrements d’exception, et où mon matériel nomade me permettra d’alimenter suffisamment les EM4, la donne changera très certainement. Mais pour l’instant je vais tranquillement garder ces 2 paires, qui se complètent finalement très bien :)

Le mot de la fin :  Il va sans dire que j’attends avec plaisir le remplaçant de l’EM2, qui sera je l’espère un 3 voies avec une vraie neutralité tonale, alliant la qualité et la musicalité des médiums de la maison avec ce niveau de détail impressionnant dont sont par exemple capables les EM4.

Un grand merci comme d’habitude à l’ingénieur qualité Paul ;)

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A propos de l'auteur

Dit le Fougueux (plus rarement le Brave), c’est le thermomètre du groupe, l’essayeur de tendance. L’enthousiasme au bout du fusil, seuls quelques malheureux casques ne trouvent grâce à son Ecole des Fans du matos audiophile . On lui doit également parmi les blagues les plus fleuries de l’histoire du New Wav.


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