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Comparatif : Colorfly C3 et 4 autres baladeurs à vocation audiophile

30 juin 2012 / par
APERÇU DU TEST
7 Qualité de fabrication
6 Performance sonore
6 Rapport Qualité / Prix
6

Moyen

Le C3 ne parvient pas à se hisser au niveau où le CK4 nous avait amené. Dommage.

Disponible officiellement depuis quelques temps en Europe, le petit dernier de Colorfly dans le segment des DAPs audiophiles nomades n’a pas fait l’objet de beaucoup d’attention dans nos médias préférés. Pourtant, la récente montée en force du CK4 au rang des baladeurs audiophiles sérieux en milieu de gamme aurait pu laissé présager un petit coup de projecteur.

Chez Tupperwav, nous avons décidé de profiter de cette sortie pour comparer le C3 à 4 autres baladeurs audiophiles d’entrée et de milieu de gamme. Après avoir réalisé 15 jours d’écoutes comparatives, nous sommes heureux de vous proposer un comparatif synthétique, sous une forme un peu plus analytique que d’habitude.

Cela nous permettra également de constituer un petit dossier récapitulatif sur l’état du marché d’entrée et de milieu de gamme des baladeurs visant sur la papier une bonne qualité de reproduction sonore, et de vous aider à trouver, peut-être, votre bonheur ?

Les baladeurs testés dans ce comparatif :

  • Colorfly C3 (entrée de gamme) – Merci à David de chez audiophonics.fr pour le prêt
  • Colorfly CK4 (milieu de gamme)
  • Hisound Audio Studio V (milieu de gamme)
  • Hisound Audio Rocoo S (entrée de gamme) – Merci à Nano de chez audiogarden.fr pour le prêt
  • Sansa Clip+ Rockboxé (entrée de gamme) – Merci à Olivier pour le prêt

10/07/2012 Rectificatif : Il faut bien lire Rocoo S dans les graphiques plus aval  et non « Rocoo BA ». Après vérification, le modèle de test était bien un Rocoo S. Toutes nos excuses pour l’information erronée.

 

Autonomie

L’autonomie du C3 (autour de 12h/13h en pratiques) se situe au niveau de celle du Rocoo S, loin derrière celle du Studio V qui n’a aucun mal à remporter la discipline en dépassant les 30 heures minimum, et ceci quelles que soient les conditions d’écoute (il m’est arrivé de ne pas le charger durant 1 mois avec 1h à 2h d’écoute quotidienne).

Qualité de construction

En terme de qualité de construction, le C3 me laisse une impression mitigée. Il arbore un look qui se veut moderne et efficace, mais il est plombé par son écran et ses boutons tactiles beaucoup trop sujets aux rayures. C’est une déception. Je le classe au même niveau que le Rocoo, qui présente lui des boutons un peu fragiles et une finition plastique contrairement à son grand frère Studio V. Le Sansa Clip+ tout en plastique de qualité quelconque vient clore la marche des ces baladeurs.

Dimensions

Le Colorfly C3 affiche la même largeur et hauteur que le Studio V ou le Rocoo. Il est en revanche encore plus fin, mais pèse davantage que ce même Rocoo. Colorfly a réussi à caser une électronique intéressante dans un format très contenu. Le Clip+ reste quant à lui intouchable, en véritable lilliputien de l’audio.

Puissance de sortie

Le C3 se situe dans le ventre mou de ce classement sur le volet de la puissance de sortie. Il en est même la lanterne rouge, de peu. Il sera limité pour alimenter vos casques nomades full size, un peu exigeants, si vous avez l’habitude d’écouter à un volume soutenu. Le C3 s’adresse davantage aux possesseurs d’intras, qui ne devraient avoir aucun problème à les driver correctement.

Stabilité du firmware

Critère qui a pris une importance majeure suite à la sortie de nombreux baladeurs chinois aux firmwares complètement baclés (au hasard, Hisound Audio …), la stabilité du firmware est tout à fait correcte sur le C3. Aucun bug à recenser sur son utilisation. Je suis parvenu également à lire sans soucis ma carte SDXC 64 Go Sandisk, et je n’ai pas rencontré les problèmes de mise à jour des index de librairie, qui sont légions chez les deux Hisound Audio de ce comparatif.

Fonctionnalités du firmware

Le C3 offre un peu mieux que la plupart des baladeurs chinois audiophiles, avec un equaliser 6 presets notamment, ainsi que le support du WAV, FLAC, APE, MP3 et WMA. Même s’il n’a pas les fonctions graphiques de son grand frère le CK4, il réalise une performance légèrement meilleure que les deux Hisound Audio qui réalisent un strict minimum.

Qualité des timbres

Dommage, mais il fallait s’y attendre : le C3 n’est pas du tout au niveau de son grand frère sur cet aspect. Il y a certes un léger air de famille avec le CK4, mais il manque de réalisme et de finesse pour prétendre à une restitution audiophile. Le CK4 et le Studio V sont largement au dessus. Les Rocoo S et Sansa Clip+ ferment quant à eux la marche avec des restitutions trop simplificatrices et sans délicatesse.

Qualité des basses

Le C3 est plutôt performant dans ce domaine où il affiche une bonne rapidité et une certaine profondeur sans débordement dans le bas médium. C’est mieux que le Sansa Clip+ dont le bas medium surgonflé est assez pénible à supporter, et légèrement mieux que le Studio V qui présente une compression artificielle sur cette fréquence de spectre. Le CK4 domine assez largement le débat avec une rapidité étonnante, un solide niveau de détails et une belle profondeur.

Qualité des médiums

J’ai été séduit par la justesse des médiums du C3, qui fais montre d’une belle signature, plutôt neutre. On est au dessus du grain métallique et « harsch » proposé par le Rocoo S, et un niveau de résolution au dessus du Clip+. Le CK4 vient cependant encore une fois clore le débat avec un niveau de détail qui écrase les autres concurrents. On aurait quand même aimé encore un peu plus de naturel pour tous ces baladeurs. On est cependant très loin des écoutes proposées en sédentaire, ce qui est par ailleurs tout à fait normal.

Qualité des aigus

Autre distinction avec son frère ainé, le C3 cible l’essentiel de sa restitution dans les basses et les médiums. Il sonne de facto moins aéré et moins ouvert que le CK4. Le Studio V propose également une très bonne copie. L’épreuve est minorée par le Rocoo et le Sansa Clip+ qui ne restituent quasiment aucune atmosphère, réverbération, harmonique dans le haut de spectre : une écoute beaucoup trop dry, révélée assez nettement par des écouteurs haut de gamme.

Largeur de scène

La largeur de scène représente un atout majeur pour un baladeur nomade. En effet, la montée en puissance des intras, qui ont une fâcheuse tendance à proposer des écoutes assez confinées, habitue l’écouteur nomade à une certaine claustrophobie. Les deux baladeurs les plus haut de gamme de ce comparatif se démarquent sur cet aspect là. Quant au C3 il devance le Sansa et le Rocoo S, qui proposent des écoutes vraiment resserrées.

Étagement des plans

L’étagement des plans m’a paru assez peu marqué sur le C3, et les distanciations à la source sont assez uniformisées. Il devient difficile de comparer avec les performances du Sansa Clip+ et du Rocoo qui me semblent proposer une restitution un peu plus fidèle sur cet aspect là.

Il faut surtout retenir de ce test que le CK4 est en large tête sur cet aspect, suivi par le Studio V qui parvient à rendre une copie correcte également, même si bien moins contrastée.

Spatialisation 3D

Le C3 se rattrape légèrement sur ce volet, en proposant un bon placement « directionnel » des instruments, à défaut de ne pas pouvoir rendre fidèlement la profondeur de champs de l’enregistrement. L’exercice est cependant toujours périlleux pour les petits DACs des baladeurs les plus nomades, et il est probable que les audiophiles exigeants ne retrouvent pas la configuration de leur salle de jazz favorite, telle qu’elle est dépeinte par leur installation sédentaire.

Saluons quand même la belle prestation du Colorfly CK4, qui creuse la distance avec son rival le Studio V sur cet exercice.

Qualité globale du son

Lorsque vient le moment de relever les compteurs, on peut constater un certain respect de la hiérarchie : le CK4 en tête, profite de son niveau de détail plus élevé et de sa belle neutralité. Le Studio V pourra plaire par son coté plus organique et plus vivant (un peu excessif dans le bas médium).

Du coté de l’entrée de gamme, je reproche au Sansa Clip+ et au Rocoo une simplification à outrance du message, et des timbres trop artificiels. Le C3 quant à lui fait un peu la jonction entre ces deux groupes de produits.

Prix

Peu de commentaires sur ce graphique, on notera cependant que les écarts de prix entre l’import et la distribution française peuvent être très importants, et qu’il est difficile au final de retenir un prix dans l’absolu pour un même produit… Notons aussi que le tarif auquel on trouve le Sansa Clip+ reste absolument imbattable.

Rapport qualité/prix

En croisant la dimension prix (achat en France) à l’analyse de la performance audio, il devient difficile de battre le Sansa Clip+. Le Colorfly CK4 se positionne juste derrière avec une qualité de restitution bien supérieure, suivi du Studio V un peu handicapé par son tarif très élevé. Le C3 est lui un peu cher pour combler certains de ces défauts. Enfin, le Rocoo S vient fermer la marche.

Appréciation personnelle

Compte tenu de l’importance que j’accorde à la qualité de restitution audio, c’est pour moi le CK4 qui termine premier de ce comparatif. Viennent ensuite le Studio V, puis le Sansa Clip+ qui force le respect compte tenu de son prix. Le Colorfly C3 arrive ensuite avec certes une meilleure qualité audio mais un prix également supérieur. Enfin le Rocoo S minore ce classement et pâtit d’une qualité de restitution audio très moyenne, d’un firmware à revoir et d’un tarif somme toute élevé.

En ce qui concerne le Colorfly C3, il s’adresse aux auditeurs qui recherchent une solution très nomade au firmware abouti, sans trop altérer la qualité sonore, et qui s’accommoderont d’une autonomie moyenne et d’une ergonomie perfectible. Dans cette catégorie (niche certes !) on ne fait pas vraiment mieux à l’heure actuelle.

Au delà des chiffres, si l’on devait résumer les deux forces et les deux défauts principaux de chacun de ces baladeurs :

Colorfly C3

  • Les +
    • Les dimensions
    • Le son compte tenu de la taille
  • Les -
    • Ergonomie bouton
    • Affichage trop petit

Colorfly CK4

  • Les +
    • La qualité sonore
    • L’ergonomie
  • Les -
    • L’autonomie
    • Les dimensions

Hisound Audio Studio V

  • Les +
    • La qualité de construction
    • L’autonomie
  • Les -
    • L’ergonomie
    • L’instabilité du firmware et les problèmes de lecture des cartes SD

Hisound Audio Rocoo S

  • Les +
    • Les dimensions
    • Le look
  • Les -
    • L’ergonomie
    • L’instabilité du firmware et les problèmes de lecture des cartes SD

Sansa Clip+ rockboxé

  • Les +
    • Les dimensions ultra portables
    • L’affichage optimisé avec rockbox
  • Les -
    • Qualité de construction
    • Le son (bas médium notamment)

NB : appréciation notable : tous les baladeurs présents ont été capables de lire ma carte SDXC 64 Go, formatée en exFat et non en FAT32 ! Comme quoi il peut-être parfois intéressant de s’aventurer au-delà des notices d’utilisation.

Si vous souhaitez discuter avec nous de ce test, n’hésitez pas à nous rejoindre ici, sur le forum.

A propos de l'auteur

Dit le Fougueux (plus rarement le Brave), c’est le thermomètre du groupe, l’essayeur de tendance. L’enthousiasme au bout du fusil, seuls quelques malheureux casques ne trouvent grâce à son Ecole des Fans du matos audiophile . On lui doit également parmi les blagues les plus fleuries de l’histoire du New Wav.


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