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Live Report du FujiyaAvicHeadphone Festival de mai 2015

06 juin 2015 / par

Une fois n’est pas coutume, voici le coverage du monstrueux FujiyaAvicHeadphone Festival – Printemps 2015 par l’excellent Cowboy de l’espace et sa plume à 6 coups. Accrochez-vous … ça va ruer au saloon !

On remet le couvert pour certainement le plus gros événement de la planète casques et intras. Ca se passe au Japon, à Tokyo, dans un gigantesque bâtiment, où ce coup-ci, rien moins que 5 étages ont été loués (plus que les éditions précédentes !) pour accueillir cette grand-messe, paradis des afficionados du son injecté directement dans les oreilles. Votre serviteur a fait le déplacement d’Osaka à Tokyo au péril de sa vie, allant jusqu’à crécher dans un hôtel miteux d’un quartier mal famé (il faut bien faire des concessions quelques part) dont je vous laisse admirer ma suite de 6 mètres carrés (3 tatamis exactement !) :

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Comme vous pouvez le voir la chambre bénéficie de tout le confort moderne : entréefonctionelleavecpoubelle, superbe table de 30cm² que même Ikea aurait honte de mettre en rayon, unecouche royale, rétractable, d’une épaisseur de 4cm exactement et, à côté, la porte fenêtre quasi infranchissable (et pourtant ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas bien épais), offrantune sublime vue sur la trépidante vie urbaine tokyoïte (comprendre : le mur de l’immeuble en face) !

Après une fabuleuse nuit de sommeil fort réparateur, un passage à la douche collective et payante (200 yens les 10 minutes), l’avalage de 2 croissants dégueulasses de la supérette du coin remplie de bosozokus, d’une bonne demi-heure de train, et d’une deuxième demi-heure dans une file d’attente qui allait jusque dans le couloir des chiottes pour avoir accès au lieu tant convoité, j’ouvre enfin les portes du septième ciel (qui se situait exactement au 5è étage) :

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Comme à chaque édition de cette grande Messe audiophile, un problème se pose : j’écoute quoi ? Avec tant de choses à portée d’oreille une conclusion s’impose, très vite impitoyablement: je ne pourrais jamais écouter tout ce que je veux, ce que j’aurais voulu, ce que j’aurais dû, ou ce que je ne devrais pas de toutes façons…bah ! Cruelle frustration !

Pas de temps à perdre à se torturer l’esprit avec ça et allons se gaver les cages à miel de musique de mille et une façons !

Fitear

Je commence donc ma visite par un stand incontournable : celui de Fitear. Je salue au passageM.Suyama, qui, excité comme un gamin, me présente ses nouvelles créations.

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Voici donc les To Go! 335 SR édition « métaux précieux ». Bien sûr, ces derniers ne sont que des prototypes et aucunement destinés à être mis en vente sur le marché. En plus de coûter extrêmement chers (celui de drite est en or massif 18 carats !), le poids de ces joujoux les rends plutôt inconfortables. Niveau son, c’est bien du 335SR, ni plus, ni moins. Par contre ça…

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C’est la version commerciale, prévue pour…cet automne à un prix encore inconnu !

Les plus observateurs remarqueront que le design de la coque a un peu évolué depuis les To Go! 334, notamment au niveau du connecteur. Un produit qui risque de faire grand bruit à sa sortie car très attendu.

Le stand proposait aussi une nouvelle révision des Monet: les Monet 17 (le premier modèle de Monet n’étant plus disponible depuis quelques temps déjà), ainsi qu’un modèle universel: les Tone, qui sont un modèle édition limitée, juste pour le festival (un peu comme ce qui avait été fait pour les Parterre blancs dans le passé). Je n’ai malheureusement pas pu écouter ces 2 modèles, manquant de temps.

Enfin M.Suyama présentait enfin divers bricolages à titre personnel, dont cette étonnante chose :

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Au suivant !

Custom Art

Custom Art, plutôt bien connu en Europe et outre atlantique, commence à se frayer son chemin doucement sur le marché asiatique, où la marque reste très confidentielle. Des modèles de démos des Music One, des Music Two, des 330Pro V2 ainsi que des Harmony 8 Pro étaient présents.

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J’avais eu l’occasion par le passé d’écouter très vaguement les 330 pro V2 et les H8Pro que j’avais beaucoup appréciés. Je découvre donc pour la première fois ces Music One et Music Two. Les Music One m’ont parus assez médiocres pour être honnête: pas mal de définition et de vitesse pour un monodriver dans cette gamme de prix, mais j’ai trouvé le tunning assez crade, avec un son nasillard et agressif. Les Music Two ont une signature similaire mais avec un peu plus de corps palliant un peu à cette sensation de son nasillard, sans la faire disparaître totalement non plus. L’écoute n’est pas des plus agréables. Je retrouve par contre avec grand plaisir le son des 330, assez opposé aux 2 précédents : plus aucune agression et de beaux timbres. On leur reprochera des aigus qui coupent assez tôt cependant. Enfin,je rejette une oreille aux H8P qui confirme la très bonne impression que j’ avais eu à leur écoute dans le passé : un son riche, équilibré, plutôt réaliste pour du BA. Ca monte haut et ça descend bas. Un excellent flagshipallrounder. J’espère voir sortir un jour une version universelle.

Au suivant !

Cowon

Cowon exposait son flagship le Plenue 1 (que je n’avais pas encore eu l’occasion d’écouter) et son nouveau modèle, une version allégée: le Plenue M (ci-dessous à gauche).

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Le Plenue 1 m’a paru présenter de belles performances avec un son soyeux et chaud. En comparaison avec mon AK120II, ça sonnait peut-être un peu plus artificiel, « digital ».

Le petit frère, le Plenue M (prévu pour plus ou moins 90 000 yens si je me souviens bien), n’est pas en reste. Il offre un son plus neutre que le Plenue 1 et un peu plus « punchy » mais très légèrement moins raffiné, il m’a semblé. 2 bons produits à priori, qui restent acceptables niveau portabilité, avec une ergonomie solide et une très belle finition.

Suivant !

FLC Technology

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Me voici donc arrivé au stand des fameux FLC8 qui commencent à faire parler d’eux, à raison. J’ai eu l’opportunité de longuement les écouter en magasin, mais ce fut avec un plaisir non-dissimulé que je remis une oreille dessus. FLC Technology avait préparé 5 configurations différentes, plutôt pratique car on pouvait changer à la volée de paires pour bien apprécier les différences. Le tnning « vocal » avec la fameuse canule dorée a, comme lors de mes premiers essais, eu ma préférence, mais la configuration « accoustic » n’était pas en reste. Les FLC8 sont un design hybride avec un micro-driver dynamique et deux drivers BA. Et mes amis, ils sonnent de façon absolument splendide. Naturel, cohérence, résolution, vitesse, il est difficile de leur dénicher des défauts une fois sa config trouvée (parmi 36 possibilités !). Au prix d’environ 300€, les FLC8 me paraissent pouvoir rivaliser avec des intras d’une voire deux catégories au-dessus. Un rapport qualité/prix assez exceptionnel. Ajouter à cela leur taille très compacte, offrant un fit des plus confortable, un câble détachable (standard UE TF10pro) et vous avez là un produit d’exception auquel je souhaite le succès qu’il mérite. Un produit qui risque de donner un grand coup dans la fourmilière ! Enorme coup de cœur !

La suite !

Final Audio Design

Fabricant japonais bien connu pour l’originalité de leurs produits (et souvent la qualité aussi). J’en ai profité pour d’abord jeter une oreille sur leurs intras très haut de gamme (mais discontinués) Lab 1, un double drivers BA. Le résultat fut des plus probant, une signature très droite, neutre et soyeuse. Ils disparaissent littéralement pour laisser place à la musique. Un grand intra assurément, pas du type démonstratif, mais extrêmement fin et rigoureux. Lorsque je leur ai demandé la raison de leur disparition sur le marché, ils m’ont rétorqué que les Lab 1 avaient un coût de fabrication extrêmement élevé et un processus de fabrication extrêmement complexe. Ils ne pouvaient en faire qu’un nombre très limité. C’était plus pour FAD une démonstration technique de la marque qu’autre chose.

J’ai pu écouter juste après leurs 2 nouveaux casques über haut de gamme : les Sonorou VIII (à gauche) et X (à droite) :

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Le VIII offrait une signature sonore assez colorée dans le médium mais de façon plutôt appréciable, ainsi que pas mal d’impact. Le X, lui, avait un caractère un peu plus chaleureux, laid-back et naturel. Un casque pépère mais fort plaisant. Malheureusement les performances m’ont parues assez décevantes par rapport au prix complètement fou demandé : Il vous faudra débourser la bagatelle de 3500€ pour le premier et près de 6000€ pour le second (conversion faite au pifomètre) ! A ce prix-là, il devient impératif de rivaliser avec du Stax SR009 ou de l’Abyss, mais il n’en est ici malheureusement rien. Il me paraît difficile de les voir rivaliser ne serait-ce qu’avec un « modeste » T1 par exemple. Les Sonorous entrent donc plus dans la catégorie produit purement de luxe de par leurs matériaux et leur design que dans la catégorie des casques pour audiophile chevronné.

Je continue !

1964 Ears

La marque de moulés américaine, qui a vu une très belle progression sur le marché ces dernières années, présentait sa nouvelle série de flagship dotés de leur nouvelle technologie Adel (A10 et A12).

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Les 2 modèles m’ont paru avoir des signatures assez similaire, ça tape très fort dans le bas du spectre. Ce sont des intras qui me paraissent orientés basses donc, assez phénoménales. 1964 a réussi à s’affranchir du son typique BA pour apporter un feeling plus proche de ce qu’on peut avoir avec des drivers dynamiques. C’est assez remarquable de réalisme! Malgré le bas du spectre abyssal mis en avant, les médiums et les aigus m’ont parus parfaitement lisibles et résolvants comme il se doit avec une très bonne linéarité. Le A10 avait un peu plus d’aération en général, et le A12 avait un peu plus de matière, entraînant un côté légèrement plus intimiste. Les 2 arborent un beau soundstage avec pas mal de hauteur. Je n’ai pas vraiment trouvé de supériorité technique de l’un sur l’autre, je pense que certaines personnes préfèreront les 10 et d’autres les 12. J’ai pour ma part autant apprécié l’un que l’autre et pense qu’ils méritent une place parmi les meilleurs (et nombreux) flagships moulés actuels, pour les basslovers.

3 mètres plus tard…

Orion

…je m’arrête au stand Orion, attiré par 3 IEMs exposés, universels, qui présentaient fort bien.

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Orion est une nouvelle compagnie américaine qui se lance sur le marché de l’intra haut de gamme. Ils présentaient leur gamme composée des Orion (monodriver BA facturé 499 dollars), des Lyra (monodriver dynamique facturé 749 dollars) et des Jupiter (4 drivers BA pour 1299 dollars). Les Orions étaient plutôt bien tunnés pour un monodriver et offraient un son relativement équilibré, mais peut-être manquant d’un petit peu d’entrain. Les Lyra sont les chaleureux du lot, on retrouve le son typique des driver dynamiques. La présentation m’a semblée légèrement laid-back et j’aurais aimé un peu plus de définition mais ça se laissait bien écouter. Les Jupiter enfin, le flagship, se sont montré plutôt joueurs, très légèrement chauds sans en faire trop non plus. La résolution m’a parue plutôt correcte même si j’ai entendu mieux, le son était bien texturé et l’écoute, fort agréable, passait assez bien sur la plupart des genres. Le design de ces intras est en fait assez original: 2 drivers sont alloués aux basses et 2 drivers sont alloués aux aigus. Le but étant bien sûr de limiter le nombre de crossover à 1. Enfin, mention spéciale pour la fabrication et la finition de très haute volée, tout en métal, avec une pochette de rangement bien classieuse, parfaite pour l’hiver avec sa moumoute. Une marque à surveiller.

Salle suivante…

Hifiman

Me voilà sur le stand Hifiman, qu’il ne fallait absolument pas rater pour cette édition du salon pour 2 raisons : image019image020

Deux nouveaux flagships, une paire d’intras: les RE 1000 et bien sûr leur nouveau casque très haut de gamme, l’HE 1000.

Les RE 1000 seront à priori dispo en customs et peut-être en universels. Ils sont le résultat de la collaboration avec Unique Melody (qui devient un habitué des modèles issus de collaboration et ce qui explique que le modèle de démo présenté avait exactement la même tronche que les Maverick) ce qui augure du meilleur. Là encore le design est assez unique dans les intras haut de gamme: les RE1000 embarquent 2 microdrivers dynamiques. Niveau son, ça m’a paru bien équilibré, on sent la parenté avec les RE400 et 600 avec une coloration un peu moins marquée pour les RE1000 (le pic des haut- mediums se fait plus discret notamment). Les performances sont étonnamment excellentes avec une très grande vitesse pour du dynamique (première fois que j’entends autant de vitesse sur ce genre de technologie), et beaucoup d’aération. Les timbres plutôt riches viennent embellir le tout. Sachant que l’on parle d’une tarification autour de 650 dollars, la stratégie de Hifiman est extrêmement agressive. Je trouve au passage que de plus en plus les produits de cette gamme de prix ont de moins en moins de choses à envier aux produits de plus ou moins 1000 € .Enthousiasmant.

Le HE 1000 maintenant. D’abord, le design ne laissera définitivement pas indifférent avec son côté steampunk un peu rétro. Personnellement, j’adore. La qualité de fabrication, qui est souvent le point faible des casques de la marque, m’a eu l’air absolument irréprochable, tout semblait extrêmement robuste. Enfin le confort une fois sur la tête, s’avère être juste royal. Le HE1000 avait pour source le nouveau HM901, sur son dock relié à l’ampli de la marque l’EF6. A l’écoute, ce fut: ouaaahhh !sacrebleu ! L’évidence sonore incarnée !!!Je ne vais pas y aller par 4 chemins, je pense que c’est un des tous meilleurs casques sur la planète Terre. Les aigus rappellent ce que l’on peut trouver dans le très haut de gamme de chez Stax (SR-009) et les basses rappellent les qualités d’un certain Abyss (en moins accentuées cependant). En termes de signature, si vous hésitiez entre un SR-009 et un Abyss, et bien la réponse est d’investir dans un HE 1000. Le HE 1000 m’a paru être une synthèse de ces 2 casques en se positionnant pile poil entre les 2, niveau signature sonore. Le soundstage n’est pas en reste et rappellera ce coup-ci celui d’un HD800. Un casque qui a le plus gros potentiel pour plaire au plus grand nombre. Pour moi ce fut assurément la star du salon et j’ai eu des étoiles plein les oreilles après son écoute.

Herecomes a new challenger!

Oriolus

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Jamais entendu parlé? Moi non plus. Oriolus est une nouvelle marque d’intras haut de gamme universels et moulés made in Japan. En fait j’aurais dû mettre « intras » au singulier étant donné qu’il n’y a pour le moment qu’un unique modèle nommé sobrement Oriolus. Le chef ingénieur d’iBasso aurait participé à la conception (sino-japonaise donc) de cet intra hybride (c’est la mode en ce moment, et c’est tant mieux !) embarquant un driver dynamique et 3 BA. Comme vous pouvez le voir sur ma jolie photo, la qualité de fabrication et de finition ne manque pas à l’appel. A l’écoute j’ai été complètement conquis par cet IEM à vocation première de créer des eargasms aux mélomanes. Le premier avril, quand Fitear avait sorti son gros poisson d’un Fitearhybrid, le Fitear Air, j’avais essayé de m’imaginer ce que ça pourrait donner. Mais je ne savais pas encore que ce que j’avais imaginé allait m’être apporté non par Fitear, mais par Oriolus. Un son spacieux, volumineux, chaleureux, musical, enveloppant avec une énorme articulation, des timbres riches et une sublime cohérence. Les crossover sont certainement les mieux gérés que j’ai pu entendre sur de l’hybride. On en oublie que c’est un hybride d’ailleurs. Un intra très facile à écouter, qui mettra de bien belle manière la music en valeur grâce notamment à la qualité de ses graves et de ses mediums. Mes oreilles lui attribuent le prix du meilleur nouvel intra du salon (et j’ai vraiment très envie de m’en procurer une paire). Concernant la tarification, il faudra débourser 108 000 yens, soit au taux actuel 800€ environ. Plutôt compétitif donc !

On continue !

Aurisonics

La marque américaine d’intras customs et universels qui grandit, connue pour ses hybrides et ses IEM à drivers dynamiques, présentait sa toute nouvelle gamme composée de pas moins de 4 modèles: les Eva, Kicker, Forte et Harmony :

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Les deux premiers sont des monodrivers dynamiques, et les 2 seconds sont des hybrides. Ils comportent tous un driver dynamique de 9mm environ (contre 14.2mm pour la gamme ASG). On retrouve le feeling d’un son où naturel et soundstage sont les mots d’ordres.

Les Eva, l’entrée de gamme, rappelle pas mal les Rockets au niveau son : relativement neutres, légèrement en U inversé. Les Kicker sont, eux, réglés assez « dark », sans trop perdre en qualité de restitution des mediums et des aigus. Un son très facile à apprécier, qui risque de plaire à un grand nombre. Les Eva seront proposés à moins de 20 000 yens et les Kicker à un peu plus de 25 000 yens. Les 2 présentent selon moi un excellent rapport qualité/prix. En gardant à l’esprit que c’est du made in USA. Je leur prévois un très grand succès.

Les Forte proposent une résolution un cran au-dessus, avec une présentation un peu plus rentre-dedans qui plaira à ceux qui aiment bouger la tête d’avant en arrière en écoutant leur musique. Pour un prix d’environ 40 000 yens, si je ne dis pas de bêtises. Ils sont un peu moins sombres que les Kicker mais un peu plus que les Eva. Ils présentent un léger pic dans les haut-médiums qui pourra déranger dans certaines occasions.

Enfin les Harmony eux proposent un son proche des Forte en un peu plus relax et fin, avec un soundstage absolument remarquable et des mediums plus développés. Ils présentent des haut-mediums et des basses (surtout sub-basses) légèrement en avant. Sur certains enregistrements les haut mediums peuvent présenter une légère dureté à l’instar des Forte. Ils remportent ma préférence notamment grâce à leurs magnifiques médiums même si j’ai aussi bien apprécié les 3 autres qui ne sont pas en reste niveau performances. Pour 55 000 yens environ, là encore le rapport qualité/prix est vraiment intéressant (ça les place en dessous des IM04 par exemple !).

La philosophie de cette gamme est de proposer une alternative à la gamme déjà existante, avec 4 intras à signatures bien distinctes, donc il est fort probable que votre favori ne soit pas forcément le « flagship ». On notera que la canule est un peu plus fine que sur la gamme ASG, ainsi que le passage au connecteur MMCX améliorés selon Dale, le boss d’Aurisonics, pour pallier aux soucis récurrents de fiabilité de ces derniers, en remplacement des connecteurs 2 pins standards (on sent qu’Aurisonics caresse dans le sens du poil le marché japonais où le MMCX est roi). Enfin, le form-factor a encore un peu évolué de façon à s’adapter à la morphologie d’un plus grand nombre encore.

Sortie de cette gamme fin juin !

Lotoo

La marque qui a sortie récemment un DAP über haut de gamme, le Paw Gold, nous a sorti de son chapeau à la surprise générale une version « mini » de son lecteur : le Paw 5000.

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Je vous le remet ci-dessous en comparaison d’embonpoint avec l’AK120II :

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C’était la première fois que j’écoutais le Paw Gold, DAP qui dépasse les 2000€. J’avais lu des retours dithyrambiques sur ce lecteur ce qui forcément attise la curiosité. Eh bien, je crois bien que sa réputation n’est pas usurpée. Je l’ai trouvé assez proche de l’AK120II en termes de signature sonore, mais le Paw Gold fait tout mieux. Il est d’une rigueur sans faille et apporte une certaine matière, une épaisseur au son vraiment remarquable, certainement possible grâce à une dynamique monstrueuse. Ce sera intéressant de le comparer au nouvel AK380. Mention spéciale enfin au temps d’allumage de littéralement…2 secondes. Soit dix fois plus rapide que l’AK120II et 20 fois plus rapide qu’un ZX1. Vraiment appréciable. Enfin, dommage que le firmware soit assez basique dans sa navigation.

Si vous n’avez pas le budget, Lotoo a pensé à vous en sortant le LotooPaw 5000 au prix d’environ 60 000 yens (environ 445 €). Ce dernier, bien plus compact et léger (on passe d’une coque toute en métal à une coque plastique) sera un compagnon de choix « on the go ». Niveau son ça envoie du bois comme il faut, avec une signature un peu plus chaude et douce mais sans excès, comparé à son grand frère. Bien sûr les performances générales restent un cran en-dessous du Gold, mais ça reste assez fantastique. Je pense que je l’ai préféré au Cowon P1 et à l’AK Junior dont je vais parler un peu après, qui risque d’être son concurrent direct (mais bon il faudrait faire des comparaisons directes sérieuses, ce ne sont que des premières impressions).

Vous suivez toujours ?

Pioneer

Pioneer profite de cette édition du salon pour présenter et sortir en grandes pompes son flagship, le SE-Master 1, un casque ouvert très haut de gamme, facturé la bagatelle de 270 000 yens, soit presque le prix de deux HD800. Autant dire que c’était l’attraction principale du salon, ce qui a entrainé une demi-heure de queue avant de pouvoir poser l’oreille dessus 5 minutes.

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La finition respire la qualité et le confort au top. A l’écoute, nous avons là un casque à vocation neutre. Malheureusement le sonqui en résulte est assez stérile. Je suis loin de retrouver le plaisir musical que je peux avoir sur un HD800 ou un SR009 (qui sont à mon sens ses concurrents directs dans l’approche). De même les performances générales me laissent sur ma faim, avec un certain manque de dynamique, de vitesse et de résolution pour un flagship. Je ne sais même pas s’il arrive à tenir le coup face à un, bien plus modeste « tarifairement » parlant, T1. Mais bon on sera heureux d’apprendre que sa réponse en fréquence s’étend jusqu’à 85khz ! Le casque était drivé par leur ampli casque dédié, pour information. Bref, beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Next…

Noble Audio

Je me retrouve donc devant l’étalage Noble où l’effervescence régnait. Et à raison ! Noble présentait son nouveau bébé, le Savant a.k.a le Baby K10.

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Grand amateur des K10, ce ne fut pas sans excitation que j’essayai les Savant. Immédiatement, on retrouva l’air de famille avec les K10, avec cette texture du son, beaucoup de matière, mise en valeur par une légère couche de vernis, caractéristique. Les Savant, pour faire simple, me paraissent être des K10 avec un peu moins d’impact, notamment en bas, des aigus très légèrement plus mis en valeur. Bref un son un peu plus posé et équilibré là où les K10 présentent une légère emphase dans le bas du spectre. Savant vs K10 va être une question qui risque de se poser et qui va faire couler beaucoup d’encre à mon avis et qui mériterait des comparaisons poussées. Mais en fait, le grand choc  de l’histoire, c’est quand j’ai vu le prix annoncé des Savant de 80 000 yens (environ 600€, il me semble que c’est 600$ aux US !) dans leur version universelle. Je n’en revenais pas. Quand on voit à côté des constructeurs qui cherchent à sortir des modèles toujours plus cher, je tire mon chapeau à Noble qui redouble d’efforts pour proposer une qualité de son très haut de gamme à prix réduit (même si ça reste toujours une somme). Noble sort clairement ses griffes avec cette tarification des plus agressives. Les Savant sont aussi proposés en version moulée, mais seulement en « prestige » (moulés confectionnés dans des matériaux plus ou moins exotiques et luxueux avec une tarification en conséquence). En effet, Noble tient à garder le secret des entrailles de leur nouveau produit et se met notamment un point d’honneur à ne pas communiquer le nombre de drivers. Une position qui me rappelle un certain Fitear.

On commence à arriver au bout, encore un petit effort…

Oppo

Je passe devant leur stand, la place était libre donc je m’assois. Devant moi était posé leur modèle sorti récemment, le PM-3, un casque nomade. Je ne suis pas très amateur de ce genre de produit (fermé+nomade), mais puisque j’étais assis confortablement, autant tester.

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L’effet fut immédiat. Qu’est-ce que ça sonne bien ce machin-là ! Très droit mais musical, soundstage d’une grande profondeur, et une belle aération. Vraiment étonnant pour un fermé nomade. Je tape du pied quasi instantanément, immergé par la musique, malgré la fatigue de mes oreilles qui commence à se faire sentir. J’avais, lors d’écoutes passées, beaucoup apprécié leurs 2 modèles sédentaires, les PM-1 et PM-2 (avec une préférence pour ce dernier). Mais ce PM-3, je crois, me plaît encore plus. Le fait d’avoir un planar de ce niveau-là en nomade est un concept qui claque tout simplement. En plus de ça, j’ai trouvé le confort très bon (chose rare sur ce genre de produit) et l’isolation impeccable. Après 2 morceaux, le gentil monsieur du stand, qui voyait que j’utilisais un AK120II, me tend avec un grand sourire un câble symétrique. Recâblage effectué, l’écoute fait un petit bon en avant niveau résolution, avec un petit dégraissage dans le bas du spectre, une saveur légèrement différente mais au moins aussi bonne. Je me suis surpris à rester près de 20 minutes à l’écouter. Un coup de foudre, qui me tenterait presque de balancer mes intras et de passer là-dessus en nomade. C’est marrant avec Oppo, plus je recule dans leur gamme tarifaire et plus j’aime !

Je repars avec la patate…

Just Ear

Après avoir choppé mon « fastpass » comme à Disneyland pour éviter de faire la queue, je rejoins à l’heure indiquée le stand, que dis-je, la salle dédiée Just Ear. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Just Ear est une branche de Sony, qui se lance sur le marché du custom très haut de gamme. Leurs customs sont tous hybrides (encore !) avec un énorme driver dynamique qui en jette à fond visuellement. Le bout de la canule est fait dans un matériau spécifique qui ramollit avec la chaleur pour un confort optimal. Ils proposent 3 modèles: Monitor, Listening et Club ainsi qu’une possibilité de se faire faire un moulé réglé à sa convenance sous la bienveillance d’un ingénieur de la marque qui vous guidera dans le processus. Un peu comme ce que propose UE, mais en plus poussé et en plus encadré encore.

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J’avais eu la chance de les écouter une fois il y a 6 mois lorsqu’ils les avaient présenté au public pour la première fois. J’avais gardé des impressions assez mitigées: manque de détails, transitions des registres maladroites, aigus agressifs. A ce moment-là, après avoir écouté la gamme et rempli une enquête pour laisser ses impressions, nous pouvions discuter directement avec le directeur du projet pour exprimer nosimpressions. Je n’avais pas hésité à lui faire part de ma circonspection, surtout pour le prix demandé qui oscille entre 200 000 et 300 000 yens (justifié en partie par un service et un suivi très poussé certes). J’ai été heureux de voir qu’ils ont mis les bouchés doubles pour améliorer tout ça. Les Just Ear se sont entre temps trouvé une personnalité sonore, en plus d’avoir vu leurs performances accrues significativement à tous les niveaux. Alors qu’il y a 6 mois j’avais juste pu tolérer le modèle monitor, les 2 autres étant assez catastrophiques, là je me retrouve a vraiment avoir pris du plaisir sur les 3. Le monitor sonne vraiment droit, le Listening offre une touche de chaleur bien sentie et le Clubtape un peu plus en bas sans en faire trop non plus. Exit les aigus agressifs et bienvenue aux crossovers bien réglés et à une vraie extension du haut du spectre…ouf ! Après est-ce que ça sonne vraiment au-dessus de moulés à moitié prix ? La réponse pour moi est clairement non. Mais bon, comme exprimé plus haut, avec Just Ear, on paye avant tout un service et un suivi royaux. Bien sûr tout ceci ne reste pour le moment disponible que sur l’archipel japonais avec déplacement jusqu’à la capitale nécessaire.

iriver / AK

Une autre grande star du salon était l’AK380, malheureusement je n’ai pas pu poser d’oreille dessus  par manque de temps. J’ai en revanche rapidement écouté leur AK Junior: un AK qui a mangé une grande quantité de Slimfast.

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Niveau son, très proche de l’AK120II, en un peu moins qualitatif. Attention ça reste très bon, meilleur qu’un ZX1 à mes oreilles, par exemple. La taille est vraiment parfaite. Le firmware est assez décevant, un peu lent dans sa navigation (basé sur la première génération d’AK) et spartiate. Je pense que cet AK va trouver son public sans aucun souci (comprendre : il se vend déjà par wagons). La bataille risque d’être rude avec le LotooPaw 5000, mais à chaud, ce dernier m’a plus séduit.

Un dernier pour la route…

Livezone R41

Une marque de moulés italiens (proposés aussi sous forme universelle) qui débarque au Japon. J’ai pu très très rapidement écouter leur gamme, composée d’un triple BA, de 2 modèles quadruples BA et de leur flagship comportant 6 BA.

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Il ne m’a pas semblé y avoir de grand écart de signature dans leur gamme plutôt homogène. Cela sonnait relativement équilibré, mais manquait un peu de mordant. Mais honnêtement, c’était la fin de journée, j’en avais pleins les oreilles, donc je suis peut-être en train de vous raconter n’importe quoi.

 

Ainsi s’achève ma visite du FujiyaAvicHeadphoneMatsuri du printemps de l’an de grâce 2015. Comme vous avez pu le constater, je me suis un peu plus focalisé sur l’audio portable, plus facile à tester et à apprécier en environnement de salon, pas forcément calme. Les nouveaux produits ne cessent d’affluer dans ce marché plus chaotique que jamais, mais aussi à l’esprit très familial. J’espère que ce petit tour d’horizon non-exhaustif du salon vous aura plu et je vous dis à dans 6 mois…si mon portefeuille est encore en vie (et le vôtre aussi).

Votre dévoué, Space Cowboy


A propos de l'auteur

Dit le Fougueux (plus rarement le Brave), c’est le thermomètre du groupe, l’essayeur de tendance. L’enthousiasme au bout du fusil, seuls quelques malheureux casques ne trouvent grâce à son Ecole des Fans du matos audiophile . On lui doit également parmi les blagues les plus fleuries de l’histoire du New Wav.


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